Page 332 - La Bourgogne de Lamartine
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Mais Dijon, on l’oublie parfois, est également une ville industrielle, où le secteur secondaire groupe environ 40 % des actifs, est sorti globalement renforcé de la première guerre mondiale (il a contribué à l’équipement et à l’armement des forces françaises), et comporte, à côté d’une foule de petites et moyennes entreprises, quelques grandes unités. L’alimentation ne se réduit pas au pain d’épices (une vingtaine de maisons), à la moutarde (concurrencée par Bordeaux) et au cassis, qui occupent ensemble près de 2 000 personnes en 1925 : il faut y ajouter, rue Courtépée et rue de Jouvence, les deux grandes usines de la biscuiterie Pernot, qui avec 800 salariés, placent Dijon au troisième rang après Paris et Nantes ; les Minoteries dijonnaises et, depuis 1921, la chocolaterie Lanvin, créée par un sucrier du Nord. L’habillement est représenté notamment par la bonneterie Grey et les fabriques de chaussures Ruinet et Bélorgey. La manufacture de Tabacs, entreprise publique, emploie toujours plus de 500 salariés. On doit mentionner aussi l’industrie chimique et les laboratoires pharmaceutiques.
Mais l’essentiel, ce sont les constructions mécaniques, outils et instruments divers : Lachèze (clés à molette),Vernet (poinçonneuses, cisailles), Pétolat (matériel de chemin de fer). Et surtout Terrot : l’usine, dirigée par le gendre du fondateur, un Allemand naturalisé Français en 1912, Guillaume Duttlinger, a été mise sous séquestre en 1914, et rachetée à la fin de 1920 par une société lyonnaise. C’est Alfred Vurpillot (1862- 1947), gérant d’un succursale Peugeot à Lyon, qui relance alors les « Établissements Terrot ». Avec un grand succès : de 1 300 véhicules (motocycles) en 1921, on est passé à 24 000 (avec 1 800 salariés) en 1930.Terrot est alors la première entreprise française dans cette branche. De nombreuses victoires dans les compétitions sportives renforcent la notoriété de la marque. L’usine s’agrandit (on construit la façade sur le boulevard Voltaire à partir de 1931). On crée des oeuvres sociales (une semaine de congés payés depuis 1929). Durement touchée par la crise (7 000 véhicules et 900 ouvriers en 1935), la firme se redresse ensuite, mais au prix d’une forte augmentation des tarifs.
Ville ouvrière, Dijon a subi les vicissitudes des années 1930 : chômage (la municipalité Jardillier crée des chantiers communaux, ouvre un restaurant populaire avec repas de midi gratuit pour les sans travail) ; grandes grèves de juin 1936 (6 000 grévistes le 18 juin ; la mairie distribue, du 11 au 24, 19 000 rations de café et 30 000 repas) ; essor momentané du syndicalisme (150 adhérents dans la métallurgie en mai 1936, 1 800 en décembre), interrompu dès 1938. Même si la vie économique est dominée par les transports et le commerce, on ne peut définir simplement Dijon comme une ville « bourgeoise ».
La vie culturelle
Les initiatives du pouvoir municipal se multipliant à côté de celles des particuliers ou des associations, c’est à cette époque que l’on peut vraiment, avec Philippe Poirrier, parler de politique culturelle. Les deux maires successifs ont été, chacun à sa façon, des hommes de culture. Dès l’avant-guerre, Gaston Gérard était conférencier et secrétaire général de l’Union de l’enseignement populaire. Grand amateur (et auteur) de théâtre, chroniqueur artistique et littéraire dans la presse locale, il préside après 1928 le groupe parlementaire du théâtre et fonde celui de l’art musical. Il préconise et met en œuvre
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