Page 331 - La Bourgogne de Lamartine
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Les activités économiques
On sait que la croissance de Dijon au XIXe siècle a été favorisée par la formation d’un nœud ferroviaire. Celui-ci reste essentiel dans les années 1920 et 1930. La gare de Dijon-Ville accueille ou voit passer quelque 270 trains par jour. La ligne de Paris est de loin la plus chargée, avec en particulier les grands rapides internationaux vers l’Italie et laYougoslavie (Simplon-Orient Express, Bombay Express), et il a fallu la mettre à quatre voies des Laumes à Blaisy-Bas (1938). Le « Dijonnais » relie, lui, Calais à la Méditerranée. Pour les marchandises, la gare de triage de Perrigny forme 90 trains par jour sur ses 60 km de voies ; la « petite vitesse » a dû être installée à Porte-Neuve (1937). Dès 1925, le trafic total atteignait 1 500 000 tonnes. Le PLM emploie ainsi dans l’agglomération près de 3 000 personnes, qui logent surtout dans les quartiers sud, à Chenôve et, à partir de 1932, dans la nouvelle cité des Marmuzots.
Dijon est aussi un carrefour routier, à une époque où le transport automobile prend son essor. Mais les itinéraires dijonnais de Paris à Lyon et à Genève, par les nationales 5 et 71, sont de plus en plus concurrencés par la nationale 6, plus courte, malgré les efforts de la municipalité et de la Chambre de commerce pour promouvoir la « route blanche », par Champagnole et le col de la Faucille. L’axe le plus parcouru est la RN 74 (Dijon-Beaune) : en 1934-1935, on y a compté, en moyenne, à Chenôve, 1 540 véhicules utilitaires, 1 363 voitures de tourisme et 82 cars par jour. L’autocar, on l’a vu plus haut, se substitue au tramway départemental (le « tacot ») dans les années 1930.
Les autres moyens de transport ne jouent qu’un rôle accessoire. C’est le cas du canal de Bourgogne, actif surtout entre la Saône et Dijon, mais dont le port ne manipule que 216 000 tonnes en 1938 (matériaux de construction surtout). C’est encore plus vrai pour l’aviation, malgré quelques tentatives pour établir des liaisons aériennes directes entre Longvic et Cannes ou pour faire de Dijon une escale entre Paris et Lausanne.
La facilité des communications a favorisé le développement du commerce, de détail bien sûr (en 1924, les Magasins Modernes remplacent la Ménagère, rue de la Liberté, suivis une dizaine d’années plus tard par le premier Prisunic), mais aussi et surtout de gros (pour les grains, les machines agricoles etc.). Dans ce domaine, la grande innovation de l’époque est la création de la Foire alimentaire et gastronomique, à l’initiative de Gaston Gérard (pour qui « la cuisine est un art ») et de Lucien Richard, président de la Chambre de commerce et directeur des Biscuiteries Pernot. La première a lieu en novembre 1920, à la Bourse du commerce pour les vins, dans les salles et les cours de l’hôtel de ville pour les autres produits. Son succès (80 000 visiteurs) se confirme dans les années suivantes, grâce en particulier à l’active politique de communication du maire, qui multiplie les conférences à l’étranger (jusqu’en Scandinavie...) sur le thème « Dijon, ville d’art et capitale gastronomique et des grands vins de France ». En 1925, la foire accueille 900 exposants et 600 000 visiteurs, et se tient dorénavant cours du Parc. Elle se déroule dans une atmosphère festive : « table de Lucullus », concerts gratuits par les formations locales, représentations au théâtre par des troupes parisiennes, visites commentées du musée...
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