Page 119 - Histoire de Chalon-sur-Saône
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trésorerie de l’Extraordinaire des guerres remboursait les propriétaires « dont les prairies avaient été fourragées ». Plus lourdes étaient en période de guerre, les réquisitions de céréales auxquelles devait satisfaire la Municipalité et que l’on embarquait sur la Saône à destination des armées d’Italie ou d’Allemagne ou de la marine toulonnaise.
AuXVIIIe siècle,lerôlemilitairedelavillediminue.Iln’yapresqueplusde garnisons dans la Province, Chalon se trouve à l’écart des grandes orientations vers la frontière de l’Est et vers la Suisse. Les routes d’étape sont orientées vers l’Italie (Paris-Lyon et Lyon-Dijon), vers Langres (voie de rocade). L’administration militaire a tendance à « diviser » les passages, car on ne se dispute pas le « logement des gens de guerre ». En Chalonnais, beaucoup de troupes empruntent la route de la Grosne, en sorte que Chalon, malgré quelques projets, n’eut jamais de casernes. Par contre, les officiers « en semestre » allant à leur régiment ou en revenant au printemps et en automne étaient de sérieux clients de la « poste ».
La « milice bourgeoise » subsiste. Les charges d’officiers sont exercées par les municipaux. Elle n’a pas de valeur militaire, mais sert de « corps de parade » et éventuellement de force de « maintien de l’ordre ».
La justice
Chalon est un centre administratif et judiciaire. Elle est le chef-lieu d’un bailliage fort étendu, divisé en deux, le « Chaunois » à rive droite et la Bresse louhannaise, ainsi appelée par opposition à la « Bresse savoyarde ». En théorie, ce bailliage était dirigé par un « bailli », ici un « bailli d’épée », et son office, souvent confondu avec des charges militaires, était entre les mains de grands nobles (Du Blé, Beringhem, Montenard), et par un « lieutenant général » le plus souvent de robe (Burignot, Butard, Bernigaud de Granges en charge en 1789). Le nombre d’officiers a varié, mais une déclaration royale de mars 1778 le fixa à un bailli d’épée, un lieutenant général civil, un lieutenant général criminel, deux lieutenants particuliers, six conseillers, un avocat et un procureur du Roi, un greffier en chef, un commissaire aux saisies réelles et receveur des consignations. Le nombre d’avocats n’était pas fixé, celui des procureurs était limité à 20, celui des notaires et des huissiers à 12.
Étaient annexés au bailliage, la « chancellerie aux contrats », spécialité bourguignonne, la charge de « lieutenant à la chancellerie » ainsi que la « châtellenie royale » (1749) qui contrôlait en première instance la partie sud de la ville et les faubourgs Sainte-Marie et de Saint-Jean-de-Maizel, et, depuis 1740, le bailliage de Saint-Laurent qui regroupait 80 paroisses d’Outre-Saône dont certaines étaient de droit écrit. Le bailliage était devenu présidial suite à l’édit de 1696. Le présidial possédait une chancellerie dont le principal officier portait le titre de « garde scel ».
Chalon avait conservé quelques justices locales : la moitié de la ville formait le « bailliage temporel » de l’évêque qui jugeait en appel des autres terres de l’évêché. Ce bailliage ressortissait « nuement » au Parlement de Dijon. Il n’en était pas de même des justices capitulaires de Saint-Vincent et de Saint- Georges, de l’abbaye de Saint-Pierre, de la commanderie du Temple qui
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