Page 282 - La Bourgogne de Lamartine
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En moins de quarante ans, Dijon (à sept heures de Paris dès 1851) est devenu un des principaux nœuds ferroviaires français. Sur le grand axe du PLM, Lyon est atteint en 1854, Marseille en 1856. Besançon est relié à Dijon dès 1855, en attendant Mulhouse et Bâle. Au nord, Langres est rejoint en 1872, et bientôt « le Dijonnais » conduira les voyageurs du Midi à Lille sans passer par Paris. Sur la ligne de Saint-Amour (1886) circuleront les rapides vers Turin. Le percement du Simplon (1906) confirme le rôle de Dijon dans les communications avec l’Italie. L’installation du triage et des ateliers de Perrigny (1886) et l’augmentation du trafic (60 % pour les marchandises de 1885 à 1910) font de la gare la première entreprise de l’agglomération. Seul point noir : la médiocrité des relations avec les pays de la Loire.
La fonction commerciale de la ville bénéficie non seulement du progrès du réseau ferré, mais de celui du crédit (aux modestes banques locales se sont ajoutées une succursale de la Banque de France en 1855, puis des agences des grands établissements nationaux) et des télécommunications (le télégraphe électrique relie Dijon à Paris le 1er janvier 1852, à Lyon en 1854). Le commerce de détail est marqué par le pullulement des petites entreprises (en 1891, 1475 magasins n’emploient que 2 472 salariés), mais aussi par des innovations : les halles centrales, inspirées de celles de Paris, abritent le marché depuis 1873 ; le premier grand magasin, « la Ménagère », s’ouvre rue de la Liberté en 1887. Le commerce de gros a été stimulé par la révolution des transports et par deux grandes expositions, en 1858 (place d’Armes) et en 1898 (rond-point du Parc). Dijon a supplanté Gray pour le négoce des céréales (un congrès des grains de portée internationale s’y tient place Saint-Étienne le dernier lundi d’août) et crée au débutduXXe siècleunefoireauxlaines.LaChambredecommerce(1852)fondeune École supérieure de commerce en 1900.
L’industrialisation se déroule en plusieurs phases. Sous le second Empire, on assiste à la modernisation de petites et moyennes entreprises (les ateliers de reliure Maître passent de 90 ouvriers en 1850 à 480 en 1859), à la création de la biscuiterie Pernot, et à l’apparition de l’industrie chimique (les encres Gardot, les produits colorants Robelin). Mais le décollage date plutôt des années 1880, avec deux grandes minoteries à vapeur, les laboratoires Fournier (1880), la manufacture des Tabacs (1885) et surtout des établissements de constructions mécaniques (machines agricoles, puis outillage Lachèze ; instruments et outils Vernet ; matériel pour entrepreneurs, puis pour chemin de fer Pétolat ; cycles Terrot en 1887), sans parler des ateliers PLM déjà signalés. Les années postérieures sont nettement moins fécondes. Sans être devenu une grande métropole industrielle, Dijon rassemble tout de même en 1911 plus de la moitié de la main-d’œuvre du département dans ce secteur. Pernot dépasse 800 ouvriers, les Tabacs 400, la bonneterie Grey,Terrot et les ateliers de Perrigny 300. De 36,4 % en 1856, le secteur secondaire est passé à près de 49 %.
L’évolution du cadre de vie
En soixante ans, la ville s’est beaucoup étendue.Vers 1850, elle restait confinée dans son enceinte médiévale, à l’exception des trois faubourgs d’Ouche, Saint-Nicolas et Saint-Pierre, et de deux ensembles récemment créés, le quartier Saint-Bernard au nord
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